Bilan mai 2026 : mFRR Downward, prix spot et flexibilité en France
Mai confirme une nouvelle phase pour les marchés électriques français. Après un mois d’avril marqué par une volatilité extrême, le marché reste sous tension : prix spot moyens en hausse, spreads horaires élevés, multiplication des prix négatifs et lancement d’un nouveau produit de réserve tertiaire descendante.
Le signal reste clair : la valeur se déplace vers les actifs capables de moduler, stocker ou réduire leur production au bon moment.
mFRR Downward : un nouveau produit capacitaire pour la réserve tertiaire
RTE contracte désormais des volumes de mFRR BAISSE auprès des auteurs d'ajustement (Balancing Service Providers - BSP en Anglais).
Ce nouveau produit a une évolution importante : les engagements sont désormais horaires, au lieu d’être journalier. Cette granularité ouvre le marché à des actifs partiellement disponibles, notamment les producteurs renouvelables intermittents, les batteries ou les sites hybrides.
Premiers jours de livraison : des revenus élevés
Les premiers jours d’opération affichent des prix élevés. 300 à 400 €/MW/jour : revenus potentiels pour un actif disponible et retenu sur 100 % de la journée.
Heures solaires : un signal prix concentré sur les périodes de production
L’analyse horaire met en évidence une concentration des prix les plus élevés sur les heures de production photovoltaïque. Les niveaux observés atteignent environ ~15 €/MW/h, confirmant que les actifs PV qualifiés peuvent capter une valeur additionnelle précisément pendant leurs plages naturelles de disponibilité.
Besoin RTE : un marché encore non couvert
Le besoin exprimé par RTE reste autour de 500 MW. Pour l’instant, ce besoin n’a jamais été entièrement couvert. Les volumes contractés chutent particulièrement la nuit, jusqu’à environ 20 MW.
Le marché reste donc peu liquide. Mais cette rareté crée un signal prix fort pour les actifs capables d’apporter de la capacité à la baisse.
Marché SPOT : prix moyens en hausse malgré les prix négatifs
Le marché spot français reste très volatil en mai.
Malgré un record à -497 €/MWh le 1er mai 2026, le prix moyen mensuel augmente fortement.
Prix spot : une moyenne mensuelle en forte progression
52 €/MWh : prix moyen mensuel en mai 2026.
+168 % par rapport à mai 2025.
+28 % par rapport à avril 2026.
46 €/MWh : moyenne trimestrielle, soit +37 % par rapport au T2 2025.
Cette hausse s’explique par plusieurs facteurs : tensions géopolitiques au Moyen-Orient, températures extrêmes en fin de mois, hausse de la consommation et production éolienne plus faible, en recul d’environ 1 TWh par rapport à 2025.
Le marché reste donc à deux vitesses : des heures de surplus avec prix négatifs, mais aussi des périodes de tension qui tirent la moyenne vers le haut.
Prix négatifs : plus fréquents, mais moins profonds
Mai 2026 confirme la multiplication des épisodes de prix négatifs.
76 heures de prix négatifs en mai.
249 heures cumulées au 31 mai 2026 contre 233 heures à la même date en 2025.
Les prix négatifs sont donc plus nombreux, mais leur profondeur tend à se réduire depuis peu.
Cette baisse est principalement liée à l’ajout de flexibilité sur les actifs photovoltaïques et éoliens terrestres sous EDF OA :
5,8 GW : flexibilité mobilisable observée le 22 mai 2026.
3GW supplémentaire en mai, portant le total flexible à 7,4 GW
+2 GW : éolien offshore ajouté depuis le 5 juin 2026.
Cette flexibilité, nouvelle sur le marché réduit la profondeur de la courbe d'offre du MERIT ORDER et limite ainsi les épisodes de prix extrêmement bas.
Un nouveau paradigme pour les actifs flexibles
Mai confirme une tendance déjà visible en avril : la valeur ne dépend plus seulement du volume produit, mais de la capacité à piloter l’actif.
Pour les producteurs renouvelables, l’enjeu est de réduire l’exposition aux prix négatifs et d’accéder à de nouvelles sources de revenus comme le mFRR Downward.
Pour les batteries et les actifs hybrides, la hausse des spreads horaires renforce les opportunités d’arbitrage et de services système.
Pour les consommateurs industriels, la flexibilité devient un levier de compétitivité dans un marché plus volatil.
L’enjeu n’est plus seulement de produire ou consommer. Il est de piloter, prévoir et optimiser en temps réel.