Bilan Prévisionnel RTE 2026-2035 : électrification industrielle et flexibilité de la demande, les enjeux clés
Le 9 décembre, RTE a présenté le résumé exécutif et les principaux enseignements de son Bilan Prévisionnel pour la période 2026 – 2035, actualisant les trajectoires de consommation et de production d’électricité publiées en 2023.
Sur la consommation, deux trajectoires sont désormais retenues :
- Décarbonation lente dans laquelle la consommation est estimée à 470 TWh en 2030 et à 505 TWh en 2035 ;
- Décarbonation rapide dans laquelle la consommation est estimée à 510 TWh en 2030 et 580 TWh en 2035. Il s’agit du seul scénario permettant à la France d’atteindre ses objectifs climatiques et d’électrification.
Côté production, le gestionnaire de réseau de transport RTE a présenté quatre scénarios selon le rythme de développement des énergies renouvelables. Le premier s’avère insuffisant pour répondre aux besoins de décarbonation, les scénarios 2 et 3 correspondent à des trajectoires intermédiaires, tandis que le quatrième accentue la situation de surcapacité en France.
Surcapacités électriques temporaires : une opportunité pour accélérer la décarbonation industrielle
A court terme, RTE relève une décorrélation entre la croissance de la consommation et de la production entraînant ainsi un épisode transitoire de surcapacités.
L’électricité bas-carbone est disponible en abondance, permettant d’accueillir l’électrification de nos usages, essentielle pour atteindre nos objectifs de neutralité carbone. La priorité doit alors désormais être donnée à la concrétisation des projets de décarbonation et d’électrification. RTE estime d’ailleurs que le passage d’une trajectoire de décarbonation lente à une trajectoire de décarbonation rapide conduirait à réduire les coûts complets du système électrique de l’ordre de 6 à 7 €/MWh.
Flexibilité de la demande : entre 4 et 10,5 GW nécessaires d'ici 2030, une “option sans regret”
Concernant la flexibilité de la demande, RTE a identifié 3 scénarios permettant d’assurer le bouclage à l’horizon 2030 : dans le premier cas, 4 GW de capacité de flexibilité seront nécessaires, dans le second, entre 5,5 et 6,5 GW seront nécessaires tandis que dans le dernier scénario, les besoins estimés s’étendent de 6,5 à 10,5 GW.
RTE souligne également l’importance du développement de la flexibilité de la demande pour améliorer les conditions d’exploitation du système électrique.
Qualifiée d’« option sans regret », la flexibilité de la demande permet de déplacer la consommation électrique à moindre coût vers les périodes de forte production.
Elle constitue ainsi :
- un outil d’optimisation du système électrique en période de surcapacités (scénario de décarbonation lente),
- et un complément naturel à l’électrification des usages dans un scénario de décarbonation rapide.
La flexibilité industrielle, un levier de moyen et long terme
Au-delà de l’optimisation énergétique à l’échelle de la journée mise en avant par RTE, Energy Pool est convaincue que la flexibilité, notamment industrielle, peut également jouer un rôle de flexibilité de plus long terme, en déplaçant des usages sur des horizons météo ou intersaisonniers en passant par une meilleure planification des procédés industriels.
Une fois l’épisode de surcapacités passé, le développement des flexibilités de consommation sera également déterminant pour assurer la sécurité d’approvisionnement du système électrique.
Le secteur attend désormais avec impatience la publication par RTE des chapitres du bilan prévisionnel.
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