Marchés de l’électricité – Février 2026 : baisse des prix aFRR et volatilité des prix SPOT
Le mois de février 2026 a été marqué par des évolutions contrastées sur les marchés de l’électricité. Les prix de capacité aFRR poursuivent leur baisse, tandis que le marché FCR reste solide. Dans le même temps, les prix SPOT ont fortement reculé, mais avec une volatilité croissante et les premiers épisodes de prix négatifs de l’année.
aFRR : une pression durable à la baisse
Les prix de capacité aFRR UP et DOWN ont été divisés par deux sur un an. Cette baisse s’explique principalement par la période de l’année et l’arrivée de batteries (BESS) sur ce marché : environ 370 MW sont désormais certifiés, soit +300 MW par rapport à 2024.
De nombreux acteurs adoptent une stratégie de “price taker”, avec des offres proches de 0 €/MW/h, ce qui exerce une forte pression à la baisse sur les prix.
Des facteurs saisonniers ont également renforcé cette tendance : forte disponibilité des centrales à gaz &hydraulique et une baisse des prix SPOT réduisant les coûts d’opportunité.
FCR : une tendance toujours haussière
À l’inverse, le marché de capacité FCR reste orienté à la hausse, avec +20 % sur un an, après une hausse spectaculaire observée entre 2024 et 2025.
Cette évolution s’explique notamment par des coûts d’opportunité plus élevés liés aux marchés aFRR, ainsi que par une participation plus limitée des batteries, qui privilégient souvent l’aFRR ou des stratégies multi-marchés.
SPOT : chute des prix en février puis retournement début mars
En février, les prix SPOT moyens ont fortement reculé, atteignant 46,02 €/MWh, soit :
-52 % par rapport à janvier 2026
-61 % par rapport à février 2025
Cette baisse s’explique par plusieurs facteurs structurels : demande plus faible liée à des températures élevées, forte disponibilité nucléaire (jusqu’à 53 GW) & hydraulique et production renouvelable élevée.
Le mois a également vu les premiers prix négatifs de 2026 (vs 30 mars en 2025), observés principalement la nuit lors de fortes productions éoliennes et à la mi-journée lors des pics solaires.
Dans le même temps, la volatilité du marché s’accentue, avec un spread moyen journalier de 85 €/MWh (+29 % par rapport à janvier).
Cependant, début mars marque un retournement brutal de tendance. Le 4 mars, les prix horaires ont frôlé 200 €/MWh, soit +115 €/MWh par rapport au maximum de la semaine précédente.
Cette hausse est principalement liée à la flambée des prix du gaz (+66 % en une semaine) dans un contexte de tensions géopolitiques liées au conflit impliquant l’Iran. Les centrales à gaz ou au fioul marginales déterminant souvent le prix de l’électricité chez nous ou chez nos voisins, leurs coûts de production peuvent atteindre environ 200 €/MWh, ce qui se reflète directement dans les prix de marché.
Ces évolutions illustrent la forte sensibilité des marchés électriques courts termes européens aux prix du gaz et aux événements géopolitiques, dans un contexte de volatilité structurellement croissante.