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Rapport de la CRE : ce que l’économie du système électrique français nous dit des enjeux à venir

Flexibilité

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié en septembre 2026 son rapport consacré à l’Économie du système électrique français hexagonal. L'objectif : éclairer le débat public sur le coût réel de l'électricité et sur qui le supporte. Le rapport analyse aussi l'impact des énergies renouvelables, l'évolution des usages et l'intégration au marché européen. Dans un contexte où la France dispose d’un parc de production largement décarboné, mais où la consommation électrique reste relativement stable, ce rapport apporte une lecture précieuse des équilibres à construire pour les prochaines années.

Au-delà des chiffres, l’analyse de la CRE rappelle une idée centrale : le système électrique ne se résume pas à une question de capacité installée. Sa performance dépend de plus en plus de la capacité à aligner production et consommation, à valoriser les excédents lorsqu’ils apparaissent, et à mobiliser les flexibilités au bon moment.

Un système électrique abondant, mais plus contrasté

Premier enseignement : la France dispose, à l’échelle annuelle, d’une capacité de production supérieure à ses besoins de consommation. En 2025, le nucléaire représentait environ 68 % de la production d’électricité, tandis que l’éolien et le solaire en représentaient près de 15 %. Cette abondance constitue un atout pour la compétitivité et la décarbonation, mais elle s’accompagne aussi d’une variabilité accrue.

La CRE souligne ainsi une dispersion plus forte des prix au cours d’une même journée. Lorsque la production excède la demande, les prix peuvent devenir faibles, voire négatifs : 513 heures de prix négatifs ont été observées en 2025, contre 179 heures en moyenne entre 2010 et 2020. À l’inverse, lorsque le système est plus tendu, les moyens de pointe, notamment les centrales à gaz, doivent être mobilisés : en 2025, 1 807 heures ont affiché un prix spot supérieur à 100 €/MWh, contre 606 heures en moyenne sur la période 2010-2020.

Un coût complet largement supporté par les consommateurs

Le rapport permet également de mieux comprendre la structure économique du système électrique français. En 2025, le coût du parc installé est estimé à 55,9 milliards d’euros, dont 40 milliards d’euros pour la production et 15,9 milliards d’euros pour l’acheminement via les réseaux. Rapporté au consommateur, cela représente un coût complet de 125,4 €/MWh pour produire et acheminer l’électricité.

La CRE rappelle que les consommateurs français financent l’essentiel de ces coûts via leur facture : 78,5 % des coûts de production sont couverts directement par les consommateurs, et jusqu’à 92 % si l’on inclut le paiement de l’accise sur l’électricité. Le solde est assuré par les revenus issus des exportations d’électricité et par l’État.

Le rôle de l’Europe et des interconnexions

L’intégration au marché européen constitue un autre enseignement important. Les interconnexions contribuent à la sécurité d’approvisionnement, notamment en période de crise : la France a par exemple importé 16,5 TWh en 2022. Elles permettent aussi, dans certaines configurations, de valoriser la production française à l’export et de réduire la facture globale pour le système.

Les énergies renouvelables : un effet prix favorable, mais un besoin accru de pilotage

Entre 2020 et 2025, le développement des énergies renouvelables a contribué à faire baisser les prix sur le marché de gros, avec un effet estimé à environ 20 €/MWh. Pour les consommateurs, le bénéfice est significatif : la CRE estime que les gains atteignent environ 8 milliards d’euros, soit un niveau supérieur aux surcoûts induits pour le système, évalués à 2,7 milliards d’euros.

Les EnR jouent également un rôle d’amortisseur en cas de crise. Selon les scénarios étudiés par la CRE — hausse du prix du gaz, indisponibilité du nucléaire ou combinaison des deux — le parc 2025 permettrait une économie comprise entre 7 et 40 €/MWh par rapport au parc 2020. Mais le rapport nuance aussi cette dynamique : poursuivre le développement des EnR reste pertinent, à condition d’éviter un déséquilibre durable entre capacités installées et consommation effective.

Électrification et flexibilité : les deux leviers à activer

La conclusion de la CRE est claire : pour continuer à bénéficier de prix compétitifs tout en maîtrisant les coûts pour la collectivité, il est nécessaire de mieux synchroniser production et consommation. Deux leviers apparaissent prioritaires : électrifier massivement les usages afin d’absorber une production bas carbone abondante, et agir sur la temporalité de la demande en mobilisant l’ensemble des flexibilités disponibles.

Pour les industriels et les acteurs tertiaires, cet enjeu est très concret. Il ne s’agit plus seulement de consommer moins, mais de consommer mieux : déplacer certains usages, piloter les actifs électriques, valoriser les capacités d’effacement ou de modulation, et intégrer la flexibilité comme un véritable outil de performance énergétique et économique.

C’est sur ce terrain qu’Energy Pool accompagne ses clients : en facilitant l’électrification de leurs processus industriels, en identifiant les gisements de flexibilité et en les valorisant sur l’ensemble des mécanismes de marché. Plus le système devient variable, plus la flexibilité devient stratégique.

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